Comment sortir? De la polarisation à la violence

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Tiré du texte de: Dominique. Grenier

Fin mars, au moment d’entrer dans la Semaine sainte, j’intitulais mon éditorial « sortir de la spirale de la violence sociale ». Vous aviez été plus nombreux que d’habitude à réagir.

J’apprécie ce genre d’interaction où ceux et celles qui le souhaitent peuvent exprimer leur avis et leur désaccord éventuel. Certains le font de manière un peu vive, mais c’est sans violence. Pour le dire de façon triviale, dans l’ensemble, vous jouez le ballon, pas les joueurs. Vous discutez des idées, vous faites part de vos convictions, vous partagez des propositions, mais toujours de manière respectueuse. Nous n’avons guère besoin de « modérer » les échanges. Il n’en est pas toujours ainsi sur les réseaux sociaux où prolifèrent les insultes, et même parfois les menaces envers ceux et celles avec qui l’on n’est pas d’accord. Ces attitudes alimentent la violence, l’exacerbent, poussant même certains à passer à l’acte – des députés ont vu leur permanence dégradée. Mais cela ne nous aide en rien à sortir du conflit et contribue à déconsidérer le politique et à polariser le débat.

Ceci n’est pas propre à la France. Dans un livre récent (1), le pape François considère que cette polarisation est « l’un des grands problèmes de nos sociétés modernes ». Le seul antidote à ce poison est le dialogue… « Les polarisations toujours plus fortes n’aident pas à résoudre les problèmes vrais et urgents des citoyens, surtout des plus pauvres et des plus vulnérables, et encore moins la violence qui ne peut en aucun cas être adoptée pour affronter les questions politiques et sociales », écrit François qui rappelle aussi que « la blessure la plus évidente de l’absence de dialogue et de la défaite de la politique est la guerre ». C’est ainsi une même incapacité de dialoguer qui fait que les responsables politiques échouent à trouver des solutions aux crises tant intérieures qu’extérieures.

Mais nous chrétiens, croyons-nous vraiment à la possibilité du dialogue, tant au niveau national qu’international ? À vue humaine, cela paraît hors d’atteinte. Et il est si facile de faire porter à autrui la responsabilité du manque de dialogue, alors qu’en vérité, c’est nous qui nous n’y croyons plus. Mais on doit se souvenir que Dieu lui-même a engagé le dialogue avec une humanité pourtant peu coopérative. Dieu n’a jamais désespéré de susciter un interlocuteur. Certes, cela a pris du temps. Il a même payé de sa personne. C’est ce chemin de patience et de don de nous-mêmes qu’il nous invite à prendre pour témoigner de notre foi dans le dialogue.

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Religion · Sciences Sociales

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