HAITI: Bilan des présidents de 1987 à 2024

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HAITI : Bilan des présidents de 1987 à 2024

Réaliser un bilan des présidences haïtiennes de 1987 à 2024 est essentiel pour cerner les déficiences structurelles qui contribuent à la précarité dans laquelle vit la majorité des Haïtiens, en particulier les plus démunis. Cette analyse nous invite à examiner rétrospectivement les actions et les politiques des anciens présidents ainsi que du parlement haïtien. En revisitant leur fonctionnement et les échecs associés, nous pouvons mieux comprendre les raisons de la situation actuelle, marquée par des crises récurrentes et une instabilité chronique. L’objectif n’est pas de remonter à la genèse de la nation, mais plutôt de se concentrer sur la période mentionnée afin de dégager des insights clairs sur les faiblesses institutionnelles et un style de leadership inefficace, tous deux facteurs qui entravent le progrès national.

L’histoire politique d’Haïti, de Jean-Bertrand Aristide à Ariel Henry, est marquée par des périodes de turbulences, d’instabilité et de défis constants en matière de gouvernance et de lutte contre la corruption. Cette analyse couvre les présidences successives, les actions des sénateurs et députés, et les défis auxquels ils ont été confrontés, en mettant en lumière les réalisations et les échecs.

Jean-Bertrand Aristide (1991, 1994-1996, 2001-2004)

Jean-Bertrand Aristide, un ancien prêtre et figure de proue du mouvement démocratique, a été le premier président démocratiquement élu d’Haïti. Son premier mandat en 1991 a été brutalement interrompu par un coup d’État militaire après seulement sept mois. Rétabli au pouvoir en 1994 grâce à une intervention américaine, il a ensuite été réélu en 2000. Son leadership a été marqué par des tentatives de réformes sociales et économiques, mais aussi par des accusations de corruption et de violations des droits humains. Son deuxième mandat a pris fin avec un autre coup d’État en 2004, dans un contexte de violence accrue et de contestation politique[1].

Au nombre des réalisations, on retrouve :

  1. Réformes Éducatives : Aristide a mis un accent particulier sur l’éducation, un secteur qu’il considérait comme essentiel pour le développement du pays. Il a initié le programme “La Fanmi Se Lavi” (La famille est la vie), qui visait à améliorer l’accès à l’éducation primaire pour les enfants défavorisés.
  2. Programmes de Santé Publique : Sous son administration, des efforts ont été faits pour améliorer l’accès aux services de santé, notamment par la construction de cliniques dans des zones rurales et urbaines pauvres.
  3. Réforme Agraire : Aristide a tenté de mettre en œuvre des politiques de réforme agraire pour aider les petits agriculteurs et réduire les inégalités dans l’accès aux terres.
  4. Lutte contre la Pauvreté : Il a lancé plusieurs programmes sociaux destinés à lutter contre la pauvreté extrême, bien que leur portée ait été souvent limitée par des contraintes financières et logistiques.
  5. Démocratie et Justice Sociale : Aristide a été un fervent défenseur de la démocratie et de la justice sociale, bien que son approche ait été parfois perçue comme divisante. Il a également tenté de renforcer le système judiciaire pour lutter contre l’impunité.

Controverses et Défis

  • Coups d’État et Exils : Son premier mandat a été interrompu par un coup d’État militaire en 1991, après quoi il a vécu en exil. Malgré son retour au pouvoir en 1994 avec l’aide des États-Unis, son leadership a continué à être contesté.
  • Accusations de Corruption et de Violences : Ses mandats ont été assombris par des accusations de corruption et de liens avec des groupes violents, bien que ces accusations aient souvent été politiquement motivées.
  • Économie et Embargos : Les sanctions économiques et les embargos, notamment ceux imposés durant son exil, ont gravement affecté l’économie haïtienne, limitant la capacité de son gouvernement à mettre en œuvre des réformes.

Bilan : Positif ou Négatif ?

Le bilan de Jean-Bertrand Aristide après son départ du pouvoir en Haïti est généralement considéré comme négatif. Malgré ses tentatives de réformes sociales et économiques, son administration a été marquée par des accusations de corruption, de violations des droits humains, et de mauvaise gestion. Les coups d’État qui ont interrompu ses mandats reflètent également l’instabilité politique durant ses périodes au pouvoir. De plus, son incapacité à résoudre les problèmes structurels d’Haïti et à unifier le pays politiquement a laissé un héritage de division et de méfiance envers le gouvernement.

René Préval (1996-2001, 2006-2011)

René Préval, un proche d’Aristide, a pris la présidence en 1996. Durant ses mandats, il a tenté de stabiliser l’économie et de démocratiser le pays, mais a été critiqué pour son manque d’efficacité face à la corruption et pour sa gestion des crises, notamment après le séisme dévastateur de 2010. Préval a été le premier président haïtien à achever un mandat complet depuis des décennies, un signe de progrès démocratique malgré les nombreux défis[2].

Au nombre des réalisations, on retrouve :

  1. Stabilité Politique : Durant son premier mandat, Préval a réussi à maintenir une certaine stabilité politique en Haïti, une prouesse notable après les tumultes des années Aristide et les interventions internationales.
  2. Élections Démocratiques : Il a supervisé des élections généralement jugées libres et équitables pendant ses deux mandats, contribuant à renforcer les institutions démocratiques du pays.
  3. Infrastructures et Développement Rural : Préval a mis un accent particulier sur le développement rural, tentant d’améliorer les infrastructures dans les régions agricoles et de soutenir les petits agriculteurs.
  4. Réponses aux Catastrophes : Pendant son second mandat, Haïti a été frappé par le tremblement de terre dévastateur de 2010. Bien que sa gestion de la crise ait été critiquée, il a été reconnu pour ses efforts pour coordonner l’aide internationale et reconstruire le pays.
  5. Politiques Économiques : Préval a tenté de promouvoir des politiques économiques favorisant la stabilité, notamment en travaillant avec des organismes internationaux pour obtenir des aides et des prêts.

Controverses et Défis

  • Gestion du Tremblement de Terre de 2010 : Sa gestion de la catastrophe de 2010 a été largement critiquée pour manque de leadership et de coordination efficace. La reconstruction a été lente et marquée par des scandales de corruption et de mauvaise gestion.
  • Corruption et Gouvernance : Comme de nombreux autres dirigeants haïtiens, Préval a été critiqué pour ne pas avoir suffisamment combattu la corruption au sein du gouvernement et d’autres institutions.
  • Relations Internationales : Son administration a parfois eu des relations tendues avec des partenaires internationaux, notamment en raison de divergences sur la manière de gérer l’aide et la reconstruction après le tremblement de terre.

Bilan : Positif ou Négatif ?

Le bilan de René Préval après son départ du pouvoir en Haïti est mitigé. D’une part, il a été reconnu pour avoir promu des réformes telles que la privatisation d’entreprises publiques, une réforme agraire, et des enquêtes sur les violations des droits de l’homme1. D’autre part, son mandat a été marqué par des difficultés économiques et le très meurtrier tremblement de terre de 2010, qui ont exacerbé les défis auxquels le pays était confronté12.

De plus, la prolongation controversée de son mandat en 2010 a suscité des manifestations et des critiques, indiquant une fin de présidence controversée2. En résumé, bien que Préval ait eu des réalisations notables, les crises et les controverses pendant et à la fin de son mandat ont terni son bilan global.

Boniface Alexandre et Gérard Latortue (2004-2006)

Après le départ d’Aristide en 2004, Boniface Alexandre a servi comme président par intérim, avec Gérard Latortue comme Premier ministre. Cette période a été caractérisée par des efforts de rétablissement de l’ordre et de la sécurité, mais aussi par des critiques concernant la légitimité du gouvernement intérimaire et son efficacité à adresser les problèmes fondamentaux du pays[3].

Au nombre des réalisations, on retrouve :

  1. Stabilisation et Sécurité : Avec l’aide de la Mission des Nations Unies pour la Stabilisation en Haïti (MINUSTAH), le gouvernement intérimaire a travaillé à rétablir l’ordre public dans un contexte de violence et d’insécurité généralisées.
  2. Organisation d’Élections : Le gouvernement intérimaire a organisé des élections en 2006, qui ont été largement considérées comme libres et justes. Ces élections ont conduit à la présidence de René Préval, marquant un retour à l’ordre constitutionnel.
  3. Réformes Économiques et Aide Internationale : Latortue a activement cherché à attirer l’aide internationale pour soutenir l’économie haïtienne. Il a également initié des réformes pour améliorer la gouvernance économique et la transparence.
  4. Dialogue National : Un effort pour instaurer un dialogue entre les différentes factions politiques a été fait afin de réduire les tensions et promouvoir la réconciliation nationale.

Controverses et Défis

  • Accusations de Corruption : Malgré les tentatives de réformes, le gouvernement intérimaire a été critiqué pour des cas de corruption et de mauvaise gestion, en particulier dans la distribution de l’aide internationale.
  • Violence et Insécurité : Bien que des efforts aient été faits pour stabiliser le pays, les niveaux de violence sont restés élevés, avec de fréquentes confrontations entre les gangs et les forces de sécurité.
  • Critiques de Légitimité : Le gouvernement intérimaire a été perçu par certains secteurs de la société haïtienne comme étant trop dépendant des intérêts étrangers, notamment ceux des États-Unis et de la France.

Bilan : Positif ou Négatif ?

Le bilan de Boniface Alexandre et Gérard Latortue après leur départ du pouvoir en Haïti est généralement considéré comme négatif. Durant leur gouvernement provisoire, le pays a connu une augmentation de la violence, des exécutions extrajudiciaires, et une instabilité politique accrue1. Malgré les promesses d’élections démocratiques et de réformes, les critiques soulignent l’échec à stabiliser le pays et à améliorer la situation des droits humains12910. Leur période de gouvernance est souvent vue comme une phase de transition tumultueuse sans améliorations significatives durables pour Haïti.

Michel Martelly (2011-2016)

Michel Martelly, président d’Haïti de 2011 à 2016, a pris ses fonctions dans un contexte de reconstruction post-séisme et de défis économiques et politiques considérables. Voici un aperçu des réalisations de son mandat ainsi que des controverses qui ont marqué sa présidence, permettant de dresser un bilan nuancé de son passage au pouvoir.[4]

Réalisations

  1. Reconstruction après le séisme : Martelly a pris des mesures importantes pour la reconstruction du pays après le séisme dévastateur de 2010. Cela inclut la gestion des projets de réhabilitation et de reconstruction des infrastructures essentielles.
  2. Promotion du tourisme : Sous Martelly, Haïti a tenté de revitaliser son secteur touristique pour stimuler l’économie. Des efforts ont été faits pour améliorer l’image du pays à l’étranger et attirer les investisseurs et les visiteurs.
  3. Éducation : Martelly a mis en œuvre le programme de scolarisation universelle gratuite et obligatoire, financé en partie par une taxe sur les appels internationaux et les transferts d’argent, visant à augmenter l’accès à l’éducation pour les enfants haïtiens.
  4. Santé publique : Des initiatives ont été lancées pour améliorer les services de santé, notamment en matière de lutte contre le choléra, qui avait frappé le pays peu avant son mandat.

Controverses et Défis

  • Corruption et Gouvernance : La présidence de Martelly a été entachée par des accusations de corruption, de népotisme et de mauvaise gestion. La transparence et la redevabilité de son administration ont été souvent remises en question.
  • Stabilité politique : Son mandat a vu plusieurs périodes de tensions politiques, notamment avec un parlement souvent en désaccord avec l’exécutif, ce qui a entravé la mise en œuvre de certaines politiques.
  • Protestations et opposition : Des manifestations fréquentes ont eu lieu, avec des citoyens et des partis politiques opposés qui contestaient sa légitimité et ses politiques.

Bilan : Positif ou Négatif ?

Le bilan de Michel Martelly est mixte. D’un côté, il a initié des projets importants pour la reconstruction et le développement, et a tenté d’améliorer les infrastructures et services essentiels. D’un autre côté, les défis liés à la corruption, à la gouvernance, et à la stabilité politique ont significativement limité l’efficacité de son administration et ont contribué à une perception publique souvent négative de son mandat.

Ainsi, si Martelly a apporté certains changements et lancé des initiatives louables, les controverses et les problèmes de gouvernance ont terni son image et celle de son administration, laissant un héritage complexe et contesté.

Jovenel Moïse (2017-2021)

Jovenel Moïse, protégé de Martelly, a pris le pouvoir dans un climat de contestation électorale. Son mandat a été marqué par des accusations de corruption et de liens avec des gangs violents. La crise politique s’est intensifiée avec des manifestations massives et son assassinat en juillet 2021 a plongé le pays dans une crise plus profonde[5].

Au nombre des réalisations, on retrouve :

  1. Programmes de Développement Agricole : Moïse, qui venait d’un milieu entrepreneurial dans le secteur agricole, a mis en œuvre des initiatives pour améliorer la productivité agricole. Cela comprenait des projets visant à augmenter l’accès à l’électricité et à améliorer l’irrigation dans les zones rurales.
  2. Infrastructures : Il a lancé plusieurs projets d’infrastructures, y compris des travaux routiers et la construction de ponts, pour améliorer la connectivité et stimuler le développement économique.
  3. Énergie : Moïse a tenté de lutter contre les fréquentes pannes d’électricité en Haïti en promouvant la construction de nouvelles centrales électriques et en envisageant l’expansion de l’utilisation des énergies renouvelables.

Controverses et Défis

  • Accusations de Corruption : Moïse et son gouvernement ont été accusés de corruption, notamment en lien avec la gestion des fonds du programme PetroCaribe, où des milliards de dollars destinés à des projets de développement auraient été détournés ou mal gérés.
  • Crise Politique et Manifestations : Son mandat a été marqué par des protestations massives et violentes, alimentées par des accusations de corruption, de mauvaise gouvernance, et l’échec de répondre aux besoins de la population.
  • Insécurité : L’insécurité a augmenté sous sa présidence, avec une montée en puissance des gangs et une détérioration générale de la sécurité publique.
  • Gestion de la Pandémie de COVID-19 : La réponse à la pandémie de COVID-19 a été critiquée pour son manque de préparation et de coordination, exacerbant les défis sanitaires du pays.

Bilan : Positif ou Négatif ?

Le bilan de Jovenel Moïse est largement perçu comme négatif, principalement à cause des crises politiques, de l’instabilité sociale, et des allégations persistantes de corruption qui ont caractérisé son mandat. Bien qu’il ait initié certains projets de développement, les résultats tangibles de ces initiatives ont été limités par la crise politique et les défis structurels de gouvernance.

Ariel Henry (Depuis 2021)

Ariel Henry est devenu Premier ministre après l’assassinat de Moïse, dans un contexte de vide du pouvoir exécutif. Sa gestion est confrontée à des défis majeurs tels que la violence des gangs, la corruption et l’instabilité politique. Les critiques soulignent le manque de progrès significatifs et la continuation des pratiques politiques contestées des administrations précédentes[6].

Au nombre des réalisations, on retrouve :

  1. Gestion de la Crise Politique : Henry a tenté de stabiliser le pays dans un contexte de vide du pouvoir après l’assassinat de Moïse. Il a travaillé à créer un consensus parmi les différentes factions politiques pour éviter une escalade de la violence.
  2. Dialogue avec la Communauté Internationale : Il a maintenu et renforcé les relations avec la communauté internationale, cherchant à obtenir du soutien pour adresser les crises multiples auxquelles Haïti fait face, y compris la sécurité et l’aide humanitaire.
  3. Mesures contre l’Insécurité : Face à la montée de la violence et du pouvoir des gangs, des efforts ont été faits pour renforcer la police nationale et améliorer la sécurité publique, bien que les résultats soient encore limités.

Controverses et Défis

  • Allegations de Lien avec l’Assassinat de Moïse : Henry a été entouré de controverses, notamment des accusations selon lesquelles il aurait été en contact avec des suspects impliqués dans l’assassinat de Moïse, ce qui a jeté une ombre sur sa légitimité.
  • Crise Humanitaire et Sanitaire : Haïti continue de faire face à de graves crises humanitaires, exacerbées par des catastrophes naturelles comme les tremblements de terre et les tempêtes, ainsi que par la pandémie de COVID-19.
  • Instabilité et Protests : Le mandat de Henry a été marqué par des manifestations et des grèves, les citoyens exprimant leur frustration face à l’insécurité, la pauvreté, et le manque de services de base.

Bilan : Positif ou Négatif ?

Le bilan d’Ariel Henry après son départ du pouvoir en Haïti est largement perçu comme négatif. Durant son mandat, le pays a été marqué par une instabilité croissante, une montée en puissance des gangs qui contrôlent une grande partie de Port-au-Prince, et une détérioration de la situation sécuritaire et humanitaire. Les élections n’ont pas été organisées, et la crise politique s’est aggravée. La démission d’Henry, bien que vue comme une nécessité par beaucoup, n’a pas ouvert la voie à des améliorations immédiates, laissant le pays dans un vide institutionnel et une crise profonde

Rôle du Parlement

Le Parlement haïtien a souvent été critiqué pour son inefficacité et sa corruption. Les mandats des députés et des sénateurs ont souvent été marqués par des interruptions dues à des crises politiques ou des accusations de corruption. La dissolution du Parlement en 2020, faute de tenue d’élections, illustre les défis persistants de la gouvernance en Haïti[7] [8].

Au nombre des réalisations, on retrouve :

  1. Législation : Lorsqu’il est en fonction, le Parlement haïtien a adopté diverses lois importantes pour le pays, concernant l’économie, la sécurité, et le bien-être social. Cependant, le rythme de législation est souvent lent et entravé par des conflits politiques.
  2. Rôle de Surveillance : Le Parlement est chargé de surveiller l’exécutif, une fonction essentielle pour la démocratie. Des efforts ont été faits pour interroger les membres du gouvernement et pour tenir l’exécutif responsable, bien que ces efforts soient souvent limités par des divisions politiques internes.

Controverses et Défis

  • Dissolutions et Suspensions : Le Parlement a été dissous ou rendu inopérant à plusieurs reprises, notamment en janvier 2020 lorsque le mandat de la majorité des députés et sénateurs a expiré sans que de nouvelles élections soient tenues. Cette situation a laissé le pays sans législature fonctionnelle pendant des périodes prolongées.
  • Corruption et Inefficacité : Le Parlement est souvent perçu comme corrompu et inefficace, avec des accusations de détournement de fonds et d’enrichissement personnel parmi certains membres.
  • Blocages Politiques : Les conflits entre différents partis et entre le Parlement et le Président ont fréquemment entravé le processus législatif, empêchant l’adoption de lois importantes et la mise en œuvre de réformes nécessaires.

Bilan : Positif ou Négatif ?

Globalement, le bilan du Parlement haïtien est considéré comme négatif en raison de son incapacité persistante à fonctionner efficacement et à répondre aux besoins de la population. Les périodes de fonctionnement efficace sont souvent éclipsées par des crises prolongées, des accusations de corruption, et un manque de transparence. L’instabilité politique a exacerbé ces problèmes, rendant difficile pour le Parlement de jouer un rôle stabilisateur dans la gouvernance du pays.

Dénominateur commun

  1. PetroCaribe: Détournement de fonds destinés à des projets de développement après le tremblement de terre de 2010, impliquant des présidents, des sénateurs et des groupements d’entreprises[9].
  2. Corruption judiciaire: En janvier, un conseil de surveillance judiciaire a refusé de recertifier 30 juges haïtiens en raison de leur corruption et de leurs lacunes professionnelles[10].
  3. Violations des droits humains: Des attaques menées par des gangs en novembre 2019 dans le quartier de Bel-Air, à Port-au-Prince, avec l’implication présumée de membres de la Police nationale haïtienne[11].
  4. Gestion des fonds d’aide internationale: Échec de l’aide internationale à produire des résultats significatifs en Haïti, en partie à cause de la corruption et de la mauvaise gestion[12].
  5. Corruption dans le secteur de la santé: Gestion inadéquate des ressources dans le secteur de la santé, exacerbée par la corruption, contribuant à l’insuffisance des fournitures médicales[13].
  6. Corruption dans l’accès aux services de base: Limitation de l’accès à des services essentiels comme l’eau, l’électricité et l’assainissement en raison de la corruption[14].
  7. Trafic d’armes et de drogues: Implication de figures politiques et d’affaires dans des marchés criminels, utilisant l’infrastructure et l’équipement pour le trafic[15].
  8. Blanchiment d’argent: Blanchiment des produits criminels à travers le secteur privé, notamment dans les secteurs du pétrole et du gaz, ainsi que via des banques et des entreprises immobilières[16].
  9. Corruption dans la gestion des fonds publics: Cas de corruption signalés dans plusieurs institutions publiques, où des suspects ont été entendus par le juge[17].
  10. Collusion politique: Collusion entre les élites politiques et économiques haïtiennes et les gangs criminels, menaçant la sécurité et le développement du pays[18].
  11. Corruption et impunité: Absence de réponse adéquate de la police nationale d’Haïti pendant des attaques de gangs, soulignant l’impunité des acteurs impliqués[19].
  12. Corruption et gouvernance: Lutte insuffisante contre la corruption, malgré l’adoption d’un décret contre la corruption et le blanchiment d’argent, illustrant les défis de gouvernance en Haïti[20].

Ainsi, pour adresser et potentiellement résoudre ces problèmes récurrents en Haïti, un renforcement significatif des institutions est crucial. Cela inclut la création de structures gouvernementales plus stables et transparentes, le développement d’un système judiciaire indépendant et efficace, et l’amélioration des capacités administratives pour gérer à la fois les aides et les crises. Un tel renforcement institutionnel pourrait aider à créer un environnement plus propice à des réformes politiques et économiques durables.

Conclusion

Pour conclure sur le bilan des présidences haïtiennes de 1987 à 2024, il est crucial de reconnaître que le mode de leadership prédominant, souvent comparé à celui de chef de tribu, a eu un impact significativement négatif, exacerbant les déficiences structurelles et perpétuant la précarité dans laquelle vit une grande partie de la population haïtienne, notamment les plus démunis. Ce style de leadership autocratique et centralisé a souvent conduit à des conséquences désastreuses, minant la solidité des institutions et entravant le développement durable du pays.

Implications du Leadership Autocratique

  • Affaiblissement des Institutions : La concentration du pouvoir entre les mains d’un individu ou d’un petit groupe diminue l’efficacité des institutions démocratiques, réduit la transparence et la redevabilité, et augmente la vulnérabilité à la corruption.
  • Blocage du développement durable : Une gestion centralisée et autocratique peut ignorer les besoins locaux et spécifiques, empêchant des initiatives de développement qui bénéficieraient à l’ensemble de la population.

L’importance de la formation et de la vision des dirigeants

Les dirigeants mieux formés, dotés d’une vision politique et sociale claire et déterminante, sont essentiels pour rompre le cycle de la pauvreté et de la mauvaise gouvernance. Une formation adéquate peut renforcer la capacité des leaders à appliquer des principes de bonne gouvernance et à mener des réformes significatives.

Leadership de Service

  • Empathie et Service : Un leadership qui valorise l’empathie et le service au public peut transformer de manière significative la manière dont les politiques sont conçues et mises en œuvre. Cela encourage également une plus grande participation citoyenne et renforce la confiance dans le gouvernement.
  • Émancipation Nationale : Des dirigeants qui adoptent un modèle de leadership de service peuvent mieux répondre aux défis du pays, promouvant l’émancipation économique, sociale et culturelle de la nation haïtienne.

 

Reférences

[1] https://en.wikipedia.org/wiki/Jean-Bertrand_Aristide

[2] https://pdba.georgetown.edu/Executive/Haiti/pres.html

[3] Ibid.

[4] https://www.africanews.com/2024/01/09/haiti-former-presidents-and-prime-ministers-accused-of-corruption/

[5] https://www.washingtonpost.com/world/2024/03/16/haiti-crisis-history-timeline/

[6] https://www.npr.org/2024/05/01/1248397751/the-announcement-of-a-new-prime-minister-divides-haitis-transitional-council

[7] https://fr.wikipedia.org/wiki/Assembl%C3%A9e_nationale_%28Ha%C3%AFti%29

[8] Ibid.

[9] https://www.connectas.org/especiales/petrofraude/les-chantiers-fantomes-que-le-petrole-a-paye-aux-tout-puissants.html

[10] https://www.thedialogue.org/analysis/labsence-detat-de-droit-en-haiti/?lang=fr

[11] https://binuh.unmissions.org/sites/default/files/20200217_haiti_-_rapport_bel-air_-_final_master_version.pdf

[12] https://www.thedialogue.org/analysis/labsence-detat-de-droit-en-haiti/?lang=fr

[13] Ibid.

[14] Ibid.

[15] https://www.connectas.org/especiales/petrofraude/les-chantiers-fantomes-que-le-petrole-a-paye-aux-tout-puissants.html

[16] Ibid.

[17] https://archipel.uqam.ca/6433/1/D2650.pdf

[18] https://binuh.unmissions.org/sites/default/files/20200217_haiti_-_rapport_bel-air_-_final_master_version.pdf

[19] Ibid.

[20] https://press.un.org/fr/2023/cs15345.doc.htm

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Leadership · Politics

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