Performance à l’exportation et innovation technologique dans les PME manufacturières

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Résumé:
L’objectif de l’étude est d’analyser les efforts innovateurs de certaines PME manufacturières engagées dans des activités de R-D selon leur performance à l’exportation. L’analyse révèle l’existence de quatre groupes qui se différencient nettement selon le volume et la destination des exportations et démontre que les diverses dimensions de l’innovation technologique, captant à la fois les efforts tangibles et intangibles, varient fortement selon le processus d’internationalisation des firmes. En particulier, les PME mondiales sont de loin les plus innovatrices sur le plan technologique et leur profil est singulièrement différent de celui de la PME traditionnelle. Les PME oeuvrant sur les marchés locaux se situent au deuxième rang de l’ensemble des dimensions de l’innovation technologique, ce qui apporte un éclairage particulier sur les systèmes subnationaux d’innovation et confirme l’importance de la présence de certains clients locaux exigeants.

 

INTRODUCTION
Le poids économique des petites et moyennes entreprises (PME) est reconnu et bien établi (Bannock et Daly, 1994) et leur rôle semble s’intensifier depuis quelques années dans la plupart des pays industrialisés (Julien, 1993), notamment au niveau de la création d’emplois (1)[1]Même si le rôle des PME en termes de création nette d’emplois pourrait être surestimé selon certaines sources officielles, elles demeurent néanmoins à l’origine de nombreux emplois … Continue reading (Chittenden et al, 1993). Les dernières années ont aussi été marquées par de nombreux efforts derevalorisation du secteur manufacturier. Plusieurs auteurs ont signalé l’importance stratégique que revêt ce secteur dans la création de la richesse d’un pays, d’où la nécessité de reprendre le « contrôle de la production » (Dertouzos et al, 1989). De plus, le secteur manufacturier est celui qui peut le mieux contribuer à soutenir l’économie en offrant des salaires élevés et en stimulant la naissance d’entreprises de services autant en aval qu’en amont du système de production. La restructuration de la base industrielle et la compétitivité des entreprises manufacturières préoccupent donc les différentes instances gouvernementales des pays industrialisés (Thurow, 1992).

Dans ce contexte, l’attention portée aux PME manufacturières semble donc largement justifiée. Ces entreprises doivent faire face, comme les plus grandes, à un contexte concurrentiel en constante évolution, caractérisé par une globalisation des marchés et la libéralisation des échanges. Or, l’argument des ressources limitées des PME est souvent invoqué pour expliquer les difficultés de ces dernières à conquérir les marchés internationaux (Walters et Samiee, 1990). Bien que ces limites soient réelles, certaines PME réussissent à se tailler une place sur la scène internationale (Bonaccorsi, 1992 ; Samuels et al, 1992) et leur nombre semble s’accroître d’année en année (2)[2]Les PME constituent le groupe d’exportateurs américains qui croît le plus rapidement (Axinn et al, 1994, p. 49) et le nombre de PME exportatrices au Canada a doublé en 6 ans (Industry … Continue reading. Il est donc proposé ici d’analyser les facteurs sous-jacents à la capacité des PME de pénétrer les marchés d’exportation, ce qui représente une des facettes les plus fondamentale de leur dynamisme.

Notre analyse se distingue des études précédentes sur plusieurs plans. Premièrement, compte tenu que « la technologie joue un rôle de plus en plus important dans tous les facteurs de compétitivité » (OCDE, 1993, p. 7), nous examinons spécifiquement la contribution des différentes dimensions de l’innovation technologique comme déterminants à l’exportation. Nous nous éloignons donc des nombreuses études empiriques réalisées jusqu’à maintenant sur divers déterminants de l’exportation tels que la taille de la firme, l’attitude des dirigeants envers l’exportation, leur connaissance des opportunités de marchés, la présence de structures administratives appropriées, l’existence de stratégies à l’exportation ainsi que la disponibilité d’assistance et d’incitatifs gouvernementaux (Walters et Samiee, 1990). Deuxièmement, nous nous distinguons aussi des quelques études précédentes dont l’analyse porte sur la relation technologie-exportations en examinant un éventail plus large d’efforts innovateurs requérant des investissements à la fois matériels et immatériels.
Troisièmement, l’analyse de données originales et inédites au niveau de chaque PME manufacturière apporte un éclairage complémentaire à celle des données officielles qui ne peuvent capter la spécificité de chaque firme. À titre d’exemple, Wagner (1995, p. 38) qui reconnaît d’ailleurs le côté fort limitatif des données officielles utilisées, a démontré l’importance de la technologie comme déterminant à l’exportation en utilisant le secteur d’activité comme indicateur de l’intensité technologique de l’entreprise.
Nous proposons donc d’analyser, à partir de multiples renseignements relevés en entreprise, les compétences technologiques de certaines PME manufacturières selon leur performance à l’exportation, l’objectif général étant de démontrer que les investissements monétaires doivent être aussi accompagnés d’efforts innovateurs complémentaires de nature intangible. Plus particulièrement, nous présentons une analyse comparative selon le type et le volume d’exportation, analyse qui met en évidence la nature et la direction des divers efforts en innovation technologique, les formes de collaboration sur des projets de recherche et développement (R&D), ainsi que les pratiques actuelles au niveau de la gestion de la technologie.

1. – INNOVATION TECHNOLOGIQUE ET PERFORMANCE SUR LES MARCHÉS D’EXPORTATION

Les raisons motivant notre étude découlent essentiellement de propositions qui trouvent leurs assises théoriques et empiriques dans la littérature existante.

Proposition 1 : L’innovation technologique représente une caractéristique cruciale du contexte concurrentiel.

Les PME manufacturières exportatrices oeuvrent dans un environnement fortement concurrentiel où dominent plusieurs tendances. Mentionnons d’abord une forte concurrence axée sur la capacité d’intervention où le temps devient l’élément concurrentiel crucial (Stalk et Hout, 1990). En plus de se dédier uniquement aux activités à haute valeur ajoutée, l’entreprise dite « virtuelle » choisit de réduire drastiquement l’espace temporel entre la conception initiale et la mise en marché. Une autre tendance qui se dégage nettement provient du phénomène de segmentation des marchés (Clark et Wheelwright, 1993). Une clientèle de plus en plus conscientisée et exigeante force les entreprises à trouver des solutions originales et innovatrices pour répondre à des besoinsparticuliers (Piore et Sabel, 1984). Enfin, la troisième  tendance provient de la nature même de la concurrence, hautement dominée par les compétences technologiques incluant les savoirs scientifiques et savoir-faire pratiques (Thurow, 1992). Dans la dynamique plus particulière de la sous-traitance industrielle, certaines PME manufacturières doivent aussi démontrer des compétences technologiques spécifiques pour se qualifier comme sous-traitants et/ou fournisseurs auprès des donneurs d’ordres associés à des réseaux ou consortiums
internationaux (Lefebvre et al, 1993a). Ces trois tendances ne sont pas mutuellement exclusives ; au contraire, elles se recoupent fortement. Leur combinaison crée des enjeux auxquels les entreprises, grandes et petites, ne peuvent se soustraire.
Dans un tel contexte, l’innovation technologique apparaît comme un mécanisme susceptible de maintenir et d’améliorer la compétitivité des entreprises. Afin de soutenir la concurrence internationale telle que décrite jusqu’à maintenant, les firmes doivent se fixer des objectifs élevés en termes de qualité, de rapidité de développement de nouveaux produits et de leur mise en marché et de flexibilité. Ceci exige une maîtrise des changements technologiques et la capacité d’innover.

Proposition 2 : L’innovation technologique est un concept multidimensionnel qui exige d’être observé au niveau de la firme.

La perspective privilégiée ici correspond à celle de la théorie évolutionniste (Nelson et Winter, 1982) qui reconnaît en particulier l’hétérogénéité des firmes en  concurrence sur un marché (Nelson, 1994). Appliquée à l’innovation technologique, la théorie évolutionniste suggère que les firmes disposent de compétences ou modes de fonctionnement différents et privilégient certains efforts innovateurs plutôt que d’autres. En effet, il ne fait aucun doute que les activités de R-D sont spécifiques à chaque firme (Helfat, 1994) et que les investissements en R-D ne sont pas une mesure de l’innovation mais plutôt un de ses indicateurs (Hansen, 1992, p. 43) puisque l’innovation technologique implique beaucoup plus que de simples investissements monétaires dans des projets de R-D. Une forte synergie doit également être créée entre ces investissements et un ensemble d’efforts de nature moins tangible (Lefebvre et ai, 1993b) comme le développement de compétences technologiques distinctives. Une importance capitale doit également être accordée à la gestion des nombreuses activités du processus d’innovation technologique, telles la veille
technologique, l’intégration fonctionnelle, la planification, la coordination et la motivation (Howard et Guile, 1992). Ces éléments constituent la base de la gestion
de la technologie au sein des organisations.
Une telle approche stipule que les entreprises créent délibérément des avantages concurrentiels tout en reconnaissant que leur marge de manoeuvre peut être limitée par l’infrastructure existante, que ce soit à un niveau institutionnel élargi sous forme de systèmes nationaux d’innovation (Nelson, 1993) ou à un niveau plus local sous forme de systèmes « régionaux » d’innovations (Acs et ai, 1996). Notons que le concept de région peut fort bien transcender les frontières nationales comme par exemple l’Eurégion Maas-Rhine (Corvers et ai, 1995). L’existence de tels systèmes nationaux et/ou régionaux stimule ou handicape la capacité à innover des entreprises mais une telle capacité varie à son tour selon les diverses capacités de chaque firme à organiser, coordonner et orienter les ressources, compétences et relations. En acceptant que les multiples dimensions de l’innovation technologique se retrouvent de façon différenciée dans chaque entreprise, l’unité d’observation ne peut être que
l’entreprise.

Proposition 3 : L’innovation technologique a une incidence sur la performance à l’exportation mais l’évidence empirique reste relativement fragmentaire.

Non seulement l’innovation technologique permet d’améliorer la position concurrentielle des firmes sur de nouveaux marchés, mais « tous les chemins mènent à établir un lien entre exportations et R-D » (cité dans Ingram et Dunn, 1993, p. 96). L’attention des études empiriques s’est donc largement portée sur la relation R-D exportations (Ito et Pucik, 1993). Certaines études, beaucoup moins nombreuses, offrent des évidences empiriques ponctuelles en démontrant un lien positif entre exportations et la supériorité technologique d’un produit (Cooper et Kleinschmidt, 1985), l’existence d’une technologie ou d’un produit unique (Haar et Ortiz Busnafina, 1995), la présence de technologie avancée (Wagner, 1995), l’adoption des procédés de fabrication flexible (MacPherson, 1994) ou le nombre des brevets détenus par l’entreprise (Moini, 1995). À notre connaissance, il n’existe toutefois aucune étude ayant exploré, au niveau de la firme, le lien entre diverses dimensions de l’innovation technologique (incluant la gestion des activités technologiques) et la performance à l’exportation.

 

2. – LES DIMENSIONS DE L’INNOVATION TECHNOLOGIQUE

Pour mesurer les efforts tangibles en matière d’innovation technologique, nous avons opté pour deux mesures classiques : le pourcentage du chiffre d’affaires consacré aux activités de R-D, ainsi que la proportion des employés qui y sont affectés. En milieu de PME, ces deux mesures reflètent les activités formelles ainsi que les activités informelles ou spontanées en R-D (3)[3]Les activités informelles en R-D dans les PME sont mises en évidence dans plusieurs études, en particulier celles réalisées en Italie (Santarelli et Sterlacchini, 1990) et au Québec (Lefebvre … Continue reading. L’intensité du savoir-faire technologique, mesurée par la proportion des employés ayant une formation essentiellement technique et/ou scientifique (techniciens, ingénieurs, informaticiens et autres scientifiques) mais n’étant pas nécessairement
impliqués dans des activités de R-D, représente aussi une mesure explicite des efforts innovateurs déployés par les entreprises.

Du côté des efforts intangibles (4)[4]Les mesures opérationnelles des variables représentant les efforts intangibles ont été prétestées auprès de 15 personnes dont huit dirigeants de PME lors d’entrevues d’une durée … Continue reading, nous proposons trois mesures. La première consiste à déterminer la stratégie technologique privilégiée par les entreprises en précisant l’orientation relative des activités de R-D, ce qui reflète l’importance des choix effectués par chaque entreprise au niveau des projets de R-D (Rosen, 1991). Ces activités peuvent être axées vers la recherche fondamentale ou la recherche appliquée, le développement de nouveaux produits, l’amélioration des produits existants et/ou l’amélioration de procédés (Link et Tassey, 1987). Nous avons ajouté le maintien et l’amélioration des acquis scientifiques et technologiques, qui semblent absolument essentiels dans le contexte actuel de changements technologiques intenses, puisqu’une part importante des compétences technologiques ne peut être acquise autrement que par des mécanismes d’apprentissage itératif et cumulatif, qui sont propres aux entreprises.

La deuxième mesure vise à déterminer le type de partenariat pouvant s’établir entre entreprises (clients, fournisseurs, concurrents) ou avec des organismes publics (collèges, universités, instances gouvernementales). Bien que la collaboration entre entreprises ait longtemps été jugée contraire aux règles de concurrence qui régissent les économies libérales, force est de constater que certaines formes de collaboration sont maintenant rendues nécessaires pour supporter les coûts et les risques rattachés à la recherche. De récentes études ont également montré que la coopération de recherche s’étend de plus en plus aux petites entreprises (Kleinknecht et Reijnen, 1991) et que ces stratégies de coopération deviennent de plus en plus importantes dans le processus d’internationalisation des petites entreprises.
Enfin, la troisième mesure consiste à déterminer le niveau d’effort réalisé dans chacune des activités de gestion de la technologie. Ces diverses activités ont été caractérisées dans quelques études importantes, notamment celle de Burgelman et al. (1996) et peuvent être regroupées selon six dimensions :

• activités de veille technologique comprenant l’évaluation des technologies émergentes, l’identification des opportunités technologiques et l’analyse des stratégies technologiques des compétiteurs ;
• activités de planification et, en particulier, le développement d’un plan technologique stratégique à long terme ;
• activités reliées à l’intégration des connaissances et du savoir-faire technologiques ;
• activités permettant l’émergence et la réalisation d’idées innovatrices ;
• activités axées sur la réalisation ou l’implantation de nouveaux produits, procédés ou modes de gestion ;
• activités de commercialisation et de diffusion des innovations technologiques.

3. – ASPECTS METHODOLOGIQUES

Cette section expose le choix d’unité d’analyse et les modalités de la cueillette des données et offre des précisions sur les différentes mesures de la performance à l’exportation.

Le choix d’unité d’analyse
Dans le cadre de cette recherche, nous adoptons une perspective micro économique qui exige que l’on se concentre sur l’entreprise pour y analyser les choix et pratiques managériales. L’unité d’analyse choisie dans le cadre de cette étude est donc celle des PME manufacturières. Ces dernières représentent des entités moins complexes que les grandes entreprises et leur analyse est généralement plus aisée. Nous avons aussi volontairement ciblé l’étude vers les PME manufacturières activement engagées dans des activités de recherche et développement, entreprises qui peuvent être considérées comme des leaders technologiques. Ce choix permet de mieux approfondir la problématique retenue, soit la relation entre les efforts en innovation technologique et la présence d’actions en gestion de la technologie d’une part, et la performance au niveau des exportations d’autre part. Enfin, notre unité d’analyse ne tient pas compte des exportations intrafirmes, c’est-à-dire celles constituées par les
échanges commerciaux entre filiales et/ou sociétés mères situées à l’étranger.
Bien que ces échanges intrafirmes représentent une part importante des exportations canadiennes, il est difficile de considérer les entreprises qui les génèrent et ce, pour deux raisons. D’abord, la plupart des filiales ou sociétés mères présentes au pays ne correspondent pas à la définition d’une PME telle qu’elle sera présentée plus loin. D’autre part, grâce au lien qui les unit à d’autres filiales, ces firmes disposent souvent de ressources technologiques qui n’ont pas de commune mesure avec celles dont disposent les PME indépendantes et devraient, par conséquent, faire l’objet d’études distinctes. Pour ces raisons, une dernière restriction a été imposée à l’unité d’analyse initiale : les PME étudiées doivent être des entreprises indépendantes.

Modalités de la cueillette des données

L’univers visé est celui tiré du fichier du Bureau de la statistique du Québec qui dénombre 692 entreprises activement engagées dans des activités formelles de R-D et situées au Québec. Un questionnaire pré-testé auprès de 15 personnes (dont 10 dirigeants d’entreprise) fut acheminé à la direction de toutes les entreprises enregistrées dans ce fichier. De cet envoi, 236 questionnaires furent correctement complétés, ce qui constitue un taux de réponse fort satisfaisant de 34,8 % (5)[5]Ce pourcentage est le quotient de 236 réponses sur 678 firmes plutôt que 692. Dans le cas de 14 entreprises, les opérations avaient cessé ou l’adresse était inconnue.. Aucun rappel ne fut effectué. Les entreprises ayant participé à l’enquête ne diffèrent pas significativement de l’univers visé tant au niveau du secteur d’activité que de la taille de l’entreprise (tests d’ajustement : x2 = 4,67, p = 0,197 et x2 = 0,01, p = 0,968 respectivement). Pour les fins de cette étude, l’analyse statistique a porté sur tous les questionnaires reçus et satisfaisant à la définition d’une PME manufacturière (6) [6]Le ministère québécois de l’Industrie, du Commerce et de la Technologie définit comme
PME manufacturière toute entreprise de moins de 200 employés.
indépendante, soit un total de 125 questionnaires (7)[7]II faut noter que l’échantillon retenu représente bien l’univers visé car plus de la moitié des PME manufacturières actives en R-D proviennent des cinq secteurs industriels à forte … Continue reading

Volume et destination des exportations

Le volume d’exportation est ici mesuré par le rapport des ventes réalisées sur les marchés d’exportation sur le chiffre d’affaires annuel brut. Ce ratio est une mesure classique, fréquemment utilisée (Bonaccorsi, 1992). Nous avons cependant fait une distinction au niveau de la destination de ces exportations de façon à mieux refléter les efforts des entreprises. D’une part, les ventes réalisées par ces firmes dans les autres provinces canadiennes constituent déjà une indication de leur dynamisme commercial en raison des distances entre les provinces et des barrières non-tarifaires entravant ces échanges (8)[8]La distance physique et/ou psychologique a peut-être un impact aussi important que la présence de barrières non-tarifaires entre les provinces, (Whalley, 1996).. D’autre part, le fait de pénétrer les marchés situés ailleurs qu’en Amérique du Nord représente certes une étape plus importante à franchir que de se cantonner au marché traditionnel des États Unis, le partenaire commercial canadien de loin le plus important. Au-delà du volume des exportations, la destination apparaît donc comme une dimension cruciale dans une recherche comme celle-ci. De plus, elle permet de mieux comprendre le processus d’internationalisation des entreprises (Kleinschmidt et Cooper, 1995).

4. – ANALYSE DES RESULTATS

Pour répondre à l’objectif général de cette recherche qui consiste à acquérir une meilleure compréhension des caractéristiques des PME exportatrices, nous avons choisi d’effectuer une première analyse de différenciation de l’ensemble des entreprises selon leur comportement à l’exportation.
Les résultats de l’analyse de classification hiérarchique ascendante (CHA) présentés au tableau 1 révèlent l’existence de quatre groupes d’entreprises fort distincts. Les entreprises du premier groupe réalisent la plus grande partie de leur chiffre d’affaires au Québec (81,94%); ce sont les entreprises dites « locales ». Les entreprises du second groupe obtiennent la plus grande partie de leur chiffre d’affaires au Canada (55,00 %) et au Québec (33,58 %) ; nous

(1) La classification hiérarchique ascendante, mieux connue sous le terme anglais Cluster Analysis est une analyse multivariée qui permet de regrouper les entreprises considérées les plus proches selon les quatre variables simultanément (ici le pourcentage du chiffre d’affaires réalisé respectivement au Québec, dans les autres provinces canadiennes, aux États Unis et enfin, dans les autres pays étrangers à l’exception des États-Unis). La proximité peut être mesurée de différentes façons, la plus usuelle étant la méthode de Wards qui correspond à la distance euclidienne mise au carré. Les résultats présentés dans le tableau I proviennent de cette dernière méthode.
(2) Niveau de signification du test de Kruskall Wallis:

Ce test est une analyse de variance non-paramétrique puisque le dernier groupe présente un
nombre peu élevé de répondants. Ce test est effectué sur la différence des rangs moyens entre les quatre groupes, et non pas deux par deux.

*: p < 0,10, ** p < 0,05, *** p < 0,01, **** p < 0,001

les appellerons les entreprises « nationales ». Le troisième groupe d’entreprises génère une portion importante de son chiffre d’affaires aux États-Unis (54,00 %) et au Canada (22,86 % au Québec et 14,36 % dans les autres provinces canadiennes) ; ce sont les entreprises qui démontrent le niveau d’activité le plus important aux États-Unis et, à ce titre, nous les désignerons comme les entreprises « nord-américaines ». Enfin, le quatrième et dernier groupe correspond clairement aux entreprises « mondiales », lesquelles affichent le plus important niveau d’activités commerciales à l’étranger avec plus de la moitié de leur chiffre d’affaires (53,40 %) réalisé à l’extérieur du marché nord-américain. Ces quatre groupes d’entreprises représentent bien le processus d’internationalisation des entreprises correspondant au passage des marchés locaux vers des marchés geographiquement et/ou psychologiquement voisins pour ensuite pénétrer les marchés internationaux ou mondiaux (Kleinschmidt et Cooper, 1995). Soulignons que ces quatre groupes d’entreprises diffèrent significativement les uns des autres non seulement à l’égard de la destination
mais également du volume de leurs exportations. Ces résultats sont suffisamment probants pour permettre d’identifier les caractéristiques de chacun de ces groupes d’entreprises et d’en poursuivre l’analyse comparative.

Un des faits marquants du tableau 2 porte sur les écarts significatifs du nombre d’employés et du chiffre d’affaires annuel. Les entreprises nationales sont les plus importantes quant à leur taille alors que les entreprises mondiales sont les plus petites. Le tout suggère pour l’instant que les entreprises qui font preuve d’un dynamisme plus élevé sur les marchés internationaux ne seraient pas nécessairement les PME de taille plus élevée. Ce résultat contredit certaines études et se range du côté de celles qui ne trouvent pas de relation positive entre la taille et la performance à l’exportation (Czinkota et Johnston, 1983). La divergence observée au niveau de cette relation peut être partiellement expliquée par l’utilisation différente d’indicateurs de la taille d’entreprise (volume des ventes, nombre d’employés ou montant des actifs) selon les études et par le fait que la relation est probablement non linéaire (Walters et Samiee, 1990). De plus, la destination des exportations, et non pas simplement le volume des exportations, pourrait modifier cette relation. Remarquons également que les entreprises locales (9)[9]Parmi les entreprises locales et exportant très peu (voir tableau I), certaines (n = 8) ne font strictement affaires qu’au Québec ; leurs revenus sont d’environ $1,8 M et le nombre … Continue reading sont relativement petites (65 employés et $8,5 millions de chiffre d’affaires en moyenne) alors que les entreprises exportatrices regroupant les trois autres groupes sont légèrement plus importantes avec 82 employés et $10,8 millions de chiffre de ventes. Mentionnons enfin qu’un niveau de taille critique semble constituer un déterminant essentiel à l’exportation et que, dans cette étude, le seuil se situe à 22 employés. Il faut également considérer que la population visée soit les PME manufacturières activement engagées en R-D, affiche un dynamisme plus élevé en exportation que l’ensemble des PME manufacturières. En effet, d’après les résultats de l’étude de Baldwin et al. (1994), l’ensemble des PME exportatrices font, de façon très significative, plus de R-D que les PME qui n’exportent pas (2,4 % versus 0,3 %, p = 0,0001).

En ce qui a trait aux efforts en matière d’innovation technologique de ces PME manufacturières (tableau 3), il est non seulement possible de constater des différences significatives entre les quatre groupes, mais il ressort que les entreprises mondiales sont nettement plus performantes à tous les égards. Ce sont des entreprises qui investissent largement dans la recherche et le développement (10)[10]L’étude de Baldwin et al (1994) donne des renseignements sur le sous-groupe PME ayant des activités R-D et confirme que, pour ce sous-groupe, l’investissement relatif en R-D est … Continue reading, qui ont une proportion importante de leur main d’oeuvre affectée aux activités de R-D (près d’un employé sur six) et dont la proportion d’employés techniques/scientifiques est élevée dans l’entreprise (près d’un employé sur trois). En examinant les entreprises exportatrices, c’est à dire les
trois derniers groupes d’entreprises, on remarque une nette progression des efforts innovateurs selon la destination des exportations. Une telle progression confirme le résultat des quelques recherches empiriques précédentes portant sur la relation positive entre R-D et exportations.

Par contre, les entreprises locales présentent un profil nettement plus innovateur que les entreprises nationales, profil qui se rapproche de celui des entreprises nordaméricaines. Une relation non linéaire entre R-D et volume d’exportation pourrait ainsi exister, expliquant l’inconsistance des observations empiriques. Le biais
potentiel du secteur industriel pourrait aussi contribuer à l’instabilité des résultats empiriques. En raison de la taille de notre échantillon, une analyse sectorielle
détaillée pour chacun des quatre groupes d’entreprises est exclue. Par contre, si l’on se penche sur les cinq secteurs industriels où sont concentrées les PME
manufacturières actives en R-D, les entreprises qui exportent investissent plus dans des activités de R-D pour chacun de ces secteurs. La même observation ne peut être
établie de façon fiable à partir de notre échantillon pour chacun des 16 autres secteurs industriels, le nombre d’entreprises étant trop peu élevé pour des tests non
paramétriques. Il serait souhaitable de poursuivre cette recherche avec un nombre plus important d’entreprises (11)[11]Ceci implique nécessairement d’étendre l’étude aux autres provinces canadiennes car certains secteurs industriels au Québec (par exemple, les industries des produits du pétrole et du … Continue reading afin de contrôler l’impact du secteur industriel. Il demeure cependant que les entreprises mondiales se distinguent nettement de toutes les autres sur le plan des efforts en innovation technologique, ce qui leur permettrait de rencontrer les exigences de calibre mondial, et ainsi de concurrencer sur ces marchés

L’analyse du type d’activités de R-D (tableau 4) révèle une nette prédominance des activités associées au développement de nouveaux produits et à l’amélioration de produits existants, et ce, pour tous les groupes d’entreprises. Outre cette préoccupation orientée vers les produits, les entreprises reconnaissent l’importance de l’amélioration des procédés, laquelle vient au troisième rang. La recherche fondamentale se place au dernier rang des préoccupations des PME manufacturières, ce qui est normal puisque ce type de recherche est presqu’ exclusivement effectué par les universités, les organismes publics ou parapublics ou les plus grandes entreprises. Il ressort de cette analyse que lesPME manufacturières, indépendamment du volume et du groupe auquel elles  appartiennent, sont relativement en accord sur la priorité accordée aux différents types d’activités de R-D (test de concordance de Kendall ; p = 0,0032).
La comparaison entre les quatre groupes permet cependant de constater que les entreprises mondiales mettent plus d’emphase sur tous les types d’activités de R-D (12), sauf la recherche fondamentale. Ces entreprises se distinguent tout particulièrement des autres groupes au niveau de la recherche appliquée ainsi qu’au niveau de l’amélioration des acquis scientifiques et technologiques (p = 0,0055 et p = 0,0034 respectivement). En consacrant plus d’efforts de recherche simultanément au niveau des produits, des procédés et des compétences internes, les entreprises mondiales peuvent ainsi atteindre un niveau de sophistication technologique élevé leur permettant de concurrencer sur les marchés internationaux.
Les entreprises locales se distinguent des PME exportatrices par une emphase plus marquée (bien que marginale en termes absolus) envers la recherche fondamentale et tendent à privilégier l’amélioration des acquis scientifiques et technologiques dans une plus grande mesure que les entreprises nationales et nord-américaines .
Le tableau 5 nous renseigne sur les types de collaboration pour lesquels les PME manufacturières semblent démontrer une certaine préférence. Bien que l’ensemble des résultats n’indique pas une forte propension à collaborer chez aucun des groupes, la collaboration avec les clients semble être la plus développée, du moins parmi les trois premiers types d’entreprises. Ce résultat apparaît fort raisonnable compte tenu de l’importance que les PME accordent traditionnellement à leur relation avec le client et au besoin de répondre aux exigences associées au produit, tel que constaté précédemment. Pour les quatre groupes d’entreprises, la collaboration avec d’autres entreprises concurrentes (12)[12]Sur la base du pré-test et des études précédentes effectuées sur place dans les PME manufacturières, il est évident que les diverses activités de R-D ne sont pas clairement tranchées et … Continue reading

 

est extrêmement faible (entre 1.11 et 1 .50 où 1 est considéré comme la plus basse possibilité sur une échelle de 7). Bien que de nouveaux types d’alliances entre PME émergent, ces réseaux formels ou informels restent relativement restreints, dû en partie à l’indépendance farouche des dirigeants de PME et parfois leur méfiance et leur inexpérience envers ce type d’alliance.
Ce dernier point mérite réflexion puisque plusieurs expériences internationales (Van de Ven, 1993) suggèrent que l’innovation peut être stimulée par la création de réseaux de PME (concurrentes à l’occasion) désireuses de partager des ressources complémentaires. Dans le contexte actuel, certains voient même le partenariat interentreprise comme le seul moyen de survie pour une majorité de PME. D’une façon générale, les activités de partenariat de recherche demeurent peu nombreuses pour l’ensemble des PME manufacturières (4 étant le point milieu sur les échelles de Likert) et un consensus sur l’importance relative de telles activités de partenariat n’émerge pas clairement (taux de concordance de Kendall ; p = 0,1420).
Les firmes mondiales semblent être davantage portées vers une collaboration étroite avec les organismes publics (universités et les différents organismes de recherche gouvernementaux) tandis que les entreprises locales se tournent plutôt vers les collèges. Les entreprises oeuvrant dans le contexte nord-américain (entreprises nationales et nord-américaines) privilégient de façon plus marquée que les entreprises mondiales les partenariats de R-D avec les clients et fournisseurs, ce qui semble être l’héritage d’une longue tradition d’échanges commerciaux importants entre les provinces canadiennes (Québec-Ontario principalement) et entre le Québec et les États-Unis.

En ce qui concerne les activités de gestion de la technologie (tableau VI- A), les activités de commercialisation sont considérées par toutes les entreprises

comme les plus importantes. Ce fait semble justifié compte tenu de la réalité des PME où la fluidité du fonds de roulement exige souvent de prioriser les ventes par rapport à toute autre activité. Il confirme également les résultats de certaines recherches portant sur les mesures adoptées par les entreprises qui désirent accroître leur niveau d’exportation.
Notons que les firmes mondiales sont plus performantes que toutes les autres entreprises sur toutes les dimensions de la gestion de la technologie (tableaux 6-A et 6-B). Elles sont systématiquement plus impliquées dans des activités de veille technologique (13)[13]La seule exception se situe au niveau d’un des éléments de veille technologique, soit la capacité d’identifier les opportunités et menaces, ce qui s’explique en partie par la … Continue reading, d’intégration fonctionnelle, d’intraprenariat (14)[14]Le terme intraprenariat désigne les activités et mécanismes permettant l’émergence et la réalisation d’idées innovatrices. Curieusement, en milieu de PME, certaines idées … Continue reading, de planification stratégique à long terme, de réalisation et d’implantation technologique (y compris la gestion du changement) ainsi qu’en commercialisation. Ceci suggère qu’il existe une certaine synergie entre les efforts tangibles et intangibles de ces firmes. Une telle synergie, sur laquelle repose en grande partie l’efficacité de l’innovation technologique, semble être essentielle pour
améliorer la position concurrentielle des entreprises sur les marchés internationaux. De plus, l’ordre de priorité fixé par ces firmes mondiales (tableau 6-A) suggère une grande volonté d’orienter les efforts en fonction de la planification stratégique technologique de la firme. Bien que des doutes peuvent être émis quant à la capacité et la nécessité pour les PME d’élaborer un plan stratégique formel (Pïest, 1994), il semblerait que, dans le cas d’activités d’innovation technologique, la présence d’un plan stratégique assure le succès de la réalisation de ce type d’activités (15)[15]Ceci est particulièrement évident pour l’acquisition et l’implantation des nouvelles
technologies informatisées (Lefebvre et Lefebvre, 1990).

Les entreprises locales suivent de près les entreprises mondiales et affichent des scores élevés pour la très forte majorité des activités en gestion de la technologie (tableau 6-B), ce qui peut s’expliquer par la présence de clients locaux particulièrement exigeants sur le plan technologique(16)[16]Les PME actives en R-D sont fortement concentrées dans la région de Montréal où il existe certains créneaux de haute technologie importants (aérospatiale, biotechnologies, … Continue reading.

CONCLUSION

Toute étude empirique fait face au « postulat de complexité proportionnée » qui implique des choix difficiles entre les objectifs de généralisation, d’exactitude et de simplicité. Ces trois objectifs étant impossibles à réconcilier simultanément et l’étude présentée ici n’y échappe pas. En effet, la taille de l’échantillon reste relativement peu élevée et le choix de la population visée introduit un biais délibéré en se portant sur des entreprises à plus forte intensité technologique. Par contre, l’observation détaillée d’un nombre significatif d’entreprises (n = 125) permet d’obtenir une banque de données originales et d’explorer diverses dimensions de l’innovation technologique. De plus, le fait que les entreprises actives en R-D soient généralement dynamiques sur plusieurs plans, y compris celui des exportations, permet de constituer un point de référence et de calibrage pour l’analyse d’entreprises moins performantes.
L’étude, avec ses limites inhérentes, met en évidence certains points essentiels. D’une part, le concept du processus d’internationalisation est fort bien illustré par la formation de quatre groupes distincts d’entreprises selon une progression nette entre marchés locaux, voisins et éloignés. Ceci implique que la simple dichotomie exportateurs/non exportateurs est peut être abusive et que la destination des exportations devient nécessairement une variable qu’il faut considérer. D’autre part, si certaines dimensions de l’innovation technologique sont facilement quantifiables (investissements en R-D, nombre d’employés avec une formation technique/scientifique), elles ne sont pas à elles seules suffisantes pour capter l’ensemble des efforts en innovation technologique. Une première tentative pour identifier et mesurer les efforts innovateurs de nature intangible a été effectuée et demanderait d’être élargie et vérifier dans plusieurs contextes différents. Enfin, le lien entre efforts innovateurs tangibles et intangibles et la capacité d’exporter a pu être confirmé puisque les quatre groupes d’entreprises (locales, nationales, nord-américaines et mondiales) diffèrent significativement sur plusieurs dimensions.
L’analyse des résultats présentés permet de tracer le profil de la PME manufacturière active sur les marchés internationaux. La PME mondiale semble être de taille modeste, consacrant une part importante de son chiffre d’affaires à la R-D, possédant une main d’ oeuvre qualifiée (effectifs techniques et scientifiques correspondant au tiers des effectifs) et affectant près d’un employé sur six à des activités de R-D. Leurs efforts en R-D portent surtout sur le développement de nouveaux produits et l’amélioration de procédés et des produits existants. Contrairement aux autres groupes, ces PME mettent nettement plus d’emphase sur les activités en recherche appliquée ainsi que sur l’amélioration des acquis scientifiques et technologiques. Bien que les activités de partenariat sur des projets en R-D soient faibles, ces entreprises sont les seules à travailler en collaboration relativement plus étroite avec les milieux gouvernementaux et para-gouvernementaux comme les universités. Elles sont enfin largement préoccupées (et plus que tout autre groupe d’entreprises) par toutes les dimensions de la gestion de la technologie. Le profil de la PME
mondiale est donc singulièrement différent de celui de la PME traditionnelle.
Au niveau de l’ensemble des efforts innovateurs déployés, les PME oeuvrant sur les marchés locaux se situent en deuxième position, soit avant les entreprises nationales et nord-américaines. Cette observation apporte un éclairage particulier sur les systèmes régionaux d’innovation et confirme en particulier l’importance de la présence de certains clients locaux exigeants.
L’intensification de la concurrence à l’échelle internationale impose des contraintes et exigences auxquelles les PME ne peuvent se soustraire. Il semble impératif de mieux comprendre la relation complexe entre les diverses dimensions de l’innovation technologique et la performance à l’exportation dans le contexte particulier des PME.

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Tire du texte: Lefebvre Elisabeth, Lefebvre Louis A., Bourgault Mario. Performance à l’exportation et innovation technologique dans les PME
manufacturières. In: Revue d’économie industrielle, vol. 77, 3e trimestre 1996. pp. 53-72;
doi : https://doi.org/10.3406/rei.1996.1635
https://www.persee.fr/doc/rei_0154-3229_1996_num_77_1_1635

References

References
1Même si le rôle des PME en termes de création nette d’emplois pourrait être surestimé selon certaines sources officielles, elles demeurent néanmoins à l’origine de nombreux emplois créés au cours des deux dernières décennies.
2Les PME constituent le groupe d’exportateurs américains qui croît le plus rapidement (Axinn et al, 1994, p. 49) et le nombre de PME exportatrices au Canada a doublé en 6 ans (Industry Canada, 1995).
3Les activités informelles en R-D dans les PME sont mises en évidence dans plusieurs études, en particulier celles réalisées en Italie (Santarelli et Sterlacchini, 1990) et au Québec (Lefebvre et Lefebvre, 1992).
4Les mesures opérationnelles des variables représentant les efforts intangibles ont été prétestées auprès de 15 personnes dont huit dirigeants de PME lors d’entrevues d’une durée de deux heures et demi. La fiabilité des construits est tout à fait satisfaisante (L’alpha de Cronbach varie entre 0,65 et 0,96 pour les 125 PME considérées ici).
5Ce pourcentage est le quotient de 236 réponses sur 678 firmes plutôt que 692. Dans le cas de 14 entreprises, les opérations avaient cessé ou l’adresse était inconnue.
6Le ministère québécois de l’Industrie, du Commerce et de la Technologie définit comme
PME manufacturière toute entreprise de moins de 200 employés.
7II faut noter que l’échantillon retenu représente bien l’univers visé car plus de la moitié des PME manufacturières actives en R-D proviennent des cinq secteurs industriels à forte intensité technologique : industries des produits électriques et électroniques, industries chimiques, industries de la machinerie (sauf électrique) et industries des produits en matières plastiques. Les autres entreprises de l’échantillon sont dispersées dans 16 secteurs industriels.
8La distance physique et/ou psychologique a peut-être un impact aussi important que la présence de barrières non-tarifaires entre les provinces, (Whalley, 1996).
9Parmi les entreprises locales et exportant très peu (voir tableau I), certaines (n = 8) ne font strictement affaires qu’au Québec ; leurs revenus sont d’environ $1,8 M et le nombre moyen d’employés de 45.
10L’étude de Baldwin et al (1994) donne des renseignements sur le sous-groupe PME ayant
des activités R-D et confirme que, pour ce sous-groupe, l’investissement relatif en R-D est significativement plus élevé dans les entreprises qui exportent (7,6 %) que celles qui n’exportent pas (2,6 %).
11Ceci implique nécessairement d’étendre l’étude aux autres provinces canadiennes car certains secteurs industriels au Québec (par exemple, les industries des produits du pétrole et du charbon) présentent un nombre excessivement limité de PME actives en R-D. Une étude transnationale demanderait par ailleurs de contrôler l’impact de l’emplacement géographique
12Sur la base du pré-test et des études précédentes effectuées sur place dans les PME manufacturières, il est évident que les diverses activités de R-D ne sont pas clairement tranchées et mutuellement exclusives. Ainsi, ces activités comprennent souvent des activités informelles et peuvent très bien porter sur une innovation au niveau du produit tout en exigeant une innovation au niveau des procédés, entraînant du même coup un changement profond
dans les habitudes de travail et exigeant des compétences technologiques nouvelles.
13La seule exception se situe au niveau d’un des éléments de veille technologique, soit la capacité d’identifier les opportunités et menaces, ce qui s’explique en partie par la taille moins élevée des entreprises dites mondiales.
14Le terme intraprenariat désigne les activités et mécanismes permettant l’émergence et la réalisation d’idées innovatrices. Curieusement, en milieu de PME, certaines idées innovatrices provenant de divers groupes d’employés peuvent être étouffées en raison de la centralisation du pouvoir et de la prise de décision, et parfois en raison de l’attitude autocratique du dirigeant.
15Ceci est particulièrement évident pour l’acquisition et l’implantation des nouvelles
technologies informatisées (Lefebvre et Lefebvre, 1990).
16Les PME actives en R-D sont fortement concentrées dans la région de Montréal où il existe certains créneaux de haute technologie importants (aérospatiale, biotechnologies, télécommunications,. . .
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