Réseaux sociaux, réseaux de la communication culturelle et territoires (Social networks, networks of the cultural communication and territories)

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Résumé.  Cette position de recherche a pour objet l’étude géographique des réseaux sociaux et des communications de minorités culturelles à l’heure de la mondialisation. Il s’agit d’une approche des cultures régionales ou ethniques alors que l’usage croissant des réseaux de télécommunications donne des conditions favorables à une meilleure diffusion des productions culturelles, mais aussi à la multiplication des interactions.

L’analyse géographique des réseaux renvoie aux réseaux sociaux, et ces derniers sont inséparables des échanges (transports, communications, commerce), du pouvoir (géopolitique), de la culture. Nous proposons de nous intéresser aujourd’hui à ce dernier aspect en présentant un nouvel axe de recherche dans la perspective de la nouvelle commission U.G.I. (1).[1]Cet axe de recherches constitue l’aboutissement de certains de nos propres travaux (Bakis 1987, 1993, 1995, 1996), d’un intérêt personnel (Bakis 2000); il s’inscrit dans les … Continue reading Il y a là, nous semble-t-il, une intéressante piste à développer car ces recherches se situent au carrefour des réseaux de communication et des réseaux sociaux. Sa thématique relevant aussi la géographie de la culture.
Il s’intéresse spécifiquement aux différentes cultures régionales, populaires ou ethniques: il s’agit d’étudier les réseaux sociaux et la communication des minorités culturelles à l’heure de la mondialisation. Il s’agit d’une approche des cultures régionales ou ethniques alors que l’usage croissant des réseaux de télécommunications donne des conditions favorables à une meilleure diffusion des productions culturelles, mais aussi à la multiplication des interactions et des possibilités de relations tout à fait nouvelles.
On sait que l’analyse géographique et géopolitique des diasporas et minorités en particulier connaît un regain d’intérêt (George, 1984; Lacoste, 1989; Claval, 1991, 1992, 1993; Prévélakis, 1994; Vieillard-Baron, 1994; Bruneau, 1995; Racine, 1998). S’agissant justement des diasporas, la position de recherche que nous présentons ici peut comprendre plusieurs volets distincts qui concernent toute la circulation culturelle.

On peut se demander quels ont été et quels sont encore les processus de la structuration des réseaux sociaux et de la communication traditionnelle dans les périodes passées. Cette communication culturelle intervient au sein de populations caractérisées par le maintien d’une certaine spécificité culturelle (qui peut se conjuguer parfaitement avec une intégration sociale sans faille au sein des pays de résidence) malgré les mutations sociales et spatiales (circulation migratoire). En particulier, la circulation des contes et récits populaires à travers l’espace (et le temps) mérite un intérêt spécifique. Les littératures orales sont acheminées aux quatre coins cardinaux par les marchands, les pèlerins, et les voyageurs, alimentant des réseaux sociaux très variés. Les contes maghrébins par exemple, participent à une production et une circulation dans tout le monde des échanges méditerranéens, débordant vers l’Europe, la Perse et l’Afrique noire, via les communautés sahariennes ou marocaines. Les différentes versions d’un même conte témoignent de réseaux sociaux à l’oeuvre à différentes échelles. Elles fournissent aussi une manifestation des relations interculturelles tant à l’intérieur du monde culturel examiné qu’entre les autres communautés du même monde et leurs voisines actuelles ou passées. Ce thème implique parfois le détour vers la collecte et la restitution de corpus variés en littérature orale. Nous avons commencé à examiner le cas de la communication culturelle traditionnelle telle qu’elle est véhiculée à travers les contes et récits populaires et folkloriques par la constitution d’une anthologie thématique relevant du monde judéo-maghrébin (Bakis, 2000) (2).[2]Ce thème de recherche s’inscrit d’une part dans mes problématiques de sciences sociales (territoires, réseaux techniques et contenus de la communication, géographie culturelle) et … Continue reading

D’autre part, à l’ère de la globalisation et des réseaux de la communication électronique, on peut se demander comment évolue la communication sociale et culturelle de ces communautés? Au milieu des années 70, des chercheurs canadiens ont étudié les structures de réseaux interpersonnels de réseaux sociaux complexes et notamment les relations et articulations structurelles au sein de diverses communautés, entre groupes ethniques (Anderson, 1974; Clarimont et Magill, 1974). Grâce à l’usage
des réseaux électroniques planétaires, la diffusion d’informations et de matériaux culturels est-elle plus facile au sein d’une population éparpillée sur de vastes espaces (parfois à l’échelle d’un continent ou du monde entier) ou au sein d’une agglomération? Il est à noter que ces populations peuvent, dans l’espace réel du géoespace, avoir des concentrations spatiales faibles et sous-critiques. Ainsi en est-il des Haïtiens de Montréal qui, grâce à l’usage intensif des réseaux téléphoniques – et sociaux locaux –
connaissaient exactement, «au jour le jour», la situation politique prévalant sur leur île d’origine mais aussi les grandes et petites nouvelles de leur village ou quartier natal (Anglade, 1992).

Enfin, on peut imaginer un troisième aspect: les usages d’Internet par ces minorités (communications culturelle, politique, économique, etc.). La géopolitique d’Internet en relation avec les minorités politiques et/ou culturelles fournit également un thème d’étude du plus grand intérêt (Douzet, 1997). Les communications modernes permettent-elles une structuration communautaire malgré les distances? Fournissent-elles un outil précieux pour des communautés souvent en quête de leur devenir physique d’une part (intégration, assimilation, disparition des langues et cultures populaires) et qui s’interrogent sur leur avenir (érosion de la transmission des patrimoines culturels aux jeunes générations)? Face aux effets envahissants de la globalisation (3)[3]De plus en plus contestables comme en témoignent les réactions du monde agricole face à la «mal-bouffe» normalisée par les multinationales de l’agro-alimentaire., sera-t-il possible de préserver un peu de «diversité» culturelle, grâce à l’espace des réseaux électroniques? Le commerce de produits spécifiques (boutiques spécialisées en produits alimentaires, domestiques ou cultuels par exemple) est un thème de recherche en soi (Blaschke et Ersôz, 1991). Les produits concernés ont une forte valeur culturelle, et il ne faudrait pas limiter cette approche à la littérature orale ou la communication (cassettes audio et vidéo, livres, CD.): on peut imaginer un élargissement: quel est le rôle du commerce électronique à côté des boutiques spécialisées (cuisine, religion, voire vêtements des pays d’origine)? L’utilisation de ces réseaux suit-elle des modes spécifiques et distincts dans les différentes populations concernées par cette étude ou bien des constantes sont-elles à l’oeuvre? Après la collecte de différentes études de cas, on disposera de la matière indispensable pour conduire des analyses comparatives (4)[4]Catégorie professionnelle ou étudiants par exemple..

RÉFÉRENCES

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    270 p.
  • PRÉVÉLAKIS George, 1994. – «Les réseaux des diasporas», L’espace géographique, tome XXIII, n° 1, pp 38-39.
  • RACINE Jean-Bernard et al., 1998. – «Migrations et relations interculturelles. Les lieux de l’interculturalité», pp. 39-51, Géographie et cultures, n° 25.
  • SCHWAB Roland, De la cellule rurale à la région: l’Alsace (1825-1960).
  • TAPIA Stéphane de, 1994. – «L’émigration turque: circulation migratoire et diasporas», L’espace géographique, tome XXIII, n° 1, pp. 19-28.
  • TER MINASSIAN Anahide, 1994. – «La diaspora arménienne». L’espace géographique, tome XXIII, n° 2, pp. 115-128.
  • TROLLIET Pierre, 1994. – «Peut-on parler d’une diaspora chinoise?», L’espace géographique, tome XXIII, n°2, pp. 97-105.
  • VIEILLARD-BARON Hervé, 1994. – «Sarcelles: l’enracinement des diasporas sépharades et chaldéennes». L’espace géographique, tome XXIII, n° 2, pp. 138-152.
  • YACOUB Joseph, 1994. – «La diaspora assyro-chaldéenne», L’espace géographique, tome XXIII, n° 1, pp. 29-37.

 

Discussion (5) [5]Transcription des questions et réponses: Henry Bakis, Nicolas Bonnet et Michel Mbadinga.

X: «La géographie des télécommunications semble offrir un vaste champ au croisement de toutes les connaissances des sciences sociales». Annie Cheneau Loquay: «Le thème de l’interaction entre réseaux sociaux et réseaux techniques est tout particulièrement pertinent pour les pays du Sud. Ainsi, en Afrique, les structures sociales sont complexes (polygamie, familles étendues, clientélisme). Il s’agit donc d’une piste intéressante pour des recherches à venir car on aurait besoin d’engager des études approfondies sur ce sujet».
X: «II serait intéressant d’engager des travaux afin de mieux comprendre la contribution des réseaux nouveaux avec la société d’information globalisée».

Henry Bakis: Je voudrais rappeler deux citations fondamentales à propos des réseaux, de la technologie et des sociétés. L’une est de Mulgan et je l’ai placée en exergue de mon livre sur Les réseaux et leurs enjeux sociaux: “Networks are nothing if they aren’t social!” De fait, les réseaux ne sont rien s’ils ne sont pas sociaux!» L’autre est due à J. El lu I : «On sait faire. Mais quoi?»: elle apparaît dans «Le bluff technologique » dû à cet auteur et indique qu’il faut placer au premier plan la société et ses besoins lors de la conception de tout produit nouveau.

Mounir Redjimi (6)[6]Maître de conférence, Université d’Avignon et des Pays du Vaucluse; redjimi@univ-aviqnon.fr. U.M.R. ESPACE 6012. présente ensuite sa communication (7)[7]Qui, comme d’autres communications présentées lors de la séance A. G. F. de Montpellier, sera publié dans un prochain Netcom (2001).: «Logiques conomiques et spatiales des réseaux sociaux locaux face aux stratégies étatiques: le cas de la ‘aïla en Algérie». A travers le temps, la ‘aïïa, la grande famille
patriarcale s’est avérée structurante en Algérie. Si la tribu et la fraction ont été laminées par le choc colonial et les identités locales niées par le «socialisme spécifique»
de l’Algérie indépendante, la ‘aïla a su s’adapter aux différentes agressions subies par la société traditionnelle. Cette communication montrera la force des réseaux sociaux locaux et traditionnels face aux projets économiques et spatiaux des Etats se succédant dans l’histoire récente de l’Algérie.

Philippe Cadène: «Quel est le rôle de la ‘aïla quant à la circulation de l’information? S’agit-il d’un rôle symbolique?»

Annie Cheneau Loquay: Dans la relation entre réseaux sociaux et réseaux techniques, comment se passe concrètement la communication entre les différentes classes sociales, chez les commerçants par exemple?

Redjimi Mounir: Cela peut se faire à partir d’une simple discussion («je connais un cousin qui…»), et l’information pertinente transite jusqu’à la
personne concernée.

Bakis Henry : On retrouve un peu l’approche de Paul Claval (par exemple dans son ouvrage sur La logique des villes, affirmant que les villes étaient de véritables «commutateurs spatiaux».  Mounir Redjimi va plus loin: le cas étudié, celui de la grande famille patriarcale algérienne, démontre que ce genre de «commutation sociale» n’est pas limitée aux villes. Il serait très intéressant de multiplier les études comparatives dans cette perspective. Manuscrit reçu le 9 novembre 2000; accepté le 10 décembre 2000.

Tire du texte: Bakis Henry. Réseaux sociaux, réseaux de la communication culturelle et territoires (Social networks, networks of the cultural
communication and territories). In: Bulletin de l’Association de géographes français, 78e année, 2001-1 ( mars). réseaux de
télécommunications. Périurbanisation en Europe. pp. 5-10;
doi : https://doi.org/10.3406/bagf.2001.2193
https://www.persee.fr/doc/bagf_0004-5322_2001_num_78_1_2193

References

References
1Cet axe de recherches constitue l’aboutissement de certains de nos propres travaux (Bakis 1987, 1993, 1995, 1996), d’un intérêt personnel (Bakis 2000); il s’inscrit dans les perspectives d’une commission de l’Union Géographique Internationale intitulée «Géographie de la société de l’information» qui sera proposé par le Comité Exécutif de l’U.G.I. à l’Assemblée générale cet été 2000 à Séoul.
2Ce thème de recherche s’inscrit d’une part dans mes problématiques de sciences sociales (territoires, réseaux techniques et contenus de la communication, géographie culturelle) et d’autre part dans un plus vaste champ d’intérêt (études juives, recherches en Sciences de l’Information et de la Communication). Il pourra sembler utile de mieux faire comprendre mon intérêt pour cette thématique qui se situe à la limite de plusieurs champs scientifiques constitués (j’ai une double formation de sociologue et de géographe; j’ai été élu Professeur en Sciences de l’Information et de la Communication tant à l’Université de Rennes qu’à celle du Havre au printemps 1995, mais ayant été en même temps élu à Montpellier III sur un poste de Professeur de Géographie et d’Aménagement, j’ai donné la priorité à ma discipline principale).
3De plus en plus contestables comme en témoignent les réactions du monde agricole face à la «mal-bouffe» normalisée par les multinationales de l’agro-alimentaire.
4Catégorie professionnelle ou étudiants par exemple.
5Transcription des questions et réponses: Henry Bakis, Nicolas Bonnet et Michel Mbadinga.
6Maître de conférence, Université d’Avignon et des Pays du Vaucluse; redjimi@univ-aviqnon.fr. U.M.R. ESPACE 6012.
7Qui, comme d’autres communications présentées lors de la séance A. G. F. de Montpellier, sera publié dans un prochain Netcom (2001).
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Comunicacion · Networking · Technology

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